{"id":729,"date":"2023-01-22T15:11:40","date_gmt":"2023-01-22T14:11:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/?p=729"},"modified":"2024-07-23T10:45:07","modified_gmt":"2024-07-23T08:45:07","slug":"bonnot-marie-robert-et-ses-maitres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/?p=729","title":{"rendered":"Marie Bonnot"},"content":{"rendered":"\n\n\t<h1><strong>Robert et ses \u00ab\u00a0ma\u00eetres\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/strong><strong>(Jean de Bonnefon et Louis de Gonzague Frick)<\/strong><\/h1>\n\n\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Gonzague-Frick.png\" target=\"_self\" itemprop=\"url\" rel=\"noopener\">\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Gonzague-Frick.png\" alt=\"Louis de Gonzague Frick\" itemprop=\"image\" height=\"369\" width=\"250\" title=\"Gonzague-Frick\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n\t\t\t\t<\/a>\n\t\tLouis de Gonzague Frick\n\t<p>Dans ce que Anne Egger nomme la \u00ab\u00a0constellation des \u00ab\u00a0ma\u00eetres\u00a0\u00bb, [ces] hommes un peu fantasques qui aiment \u00e0 s&rsquo;entourer de jeunes po\u00e8tes et les aident \u00e0 s&rsquo;ins\u00e9rer dans le monde litt\u00e9raire\u00a0\u00bb, deux hommes ont particuli\u00e8rement compt\u00e9 et gravit\u00e9 autour de l&rsquo;astre Desnos\u00a0: Louis de Gonzague Frick et Jean de Bonnefon.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mentor de la plupart de tout ce que la litt\u00e9rature actuelle compte de jeunes auteurs<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> \u00bb d&rsquo;apr\u00e8s Desnos lui-m\u00eame, Louis de Gonzague Frick (1883-1958), est un dandy, proche du milieu anarchiste, mais surtout connu pour son \u0153uvre de po\u00e8te symboliste<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Ami de Guillaume Apollinaire, de Laurent Tailhade, de Max Jacob ou encore d&rsquo;Andr\u00e9 Salmon, il est tenu en estime par Reverdy et Cocteau et anime la vie litt\u00e9raire des ann\u00e9es 1920 par ses banquets organis\u00e9s \u00e0 La Closerie des Lilas. Il fonde et collabore \u00e0 de nombreuses revues, parmi lesquelles <em>Les \u00c9crits fran\u00e7ais <\/em>(1913-1914), <em>Les Solstices <\/em>(1917) et plus tard <em>Le Lunain <\/em>(1936-1937) dans lesquels il publie des critiques d&rsquo;ouvrages. Personnage pour le moins original, il cultive un certain go\u00fbt pour l&rsquo;occulte et la proph\u00e9tie, penchant qui n&rsquo;a pas d\u00fb d\u00e9plaire \u00e0 Desnos, et se dit expert en phyllorhodomancie \u00ab\u00a0l&rsquo;art de vaticiner par la perlustration des feuilles de rose\u00a0\u00bb. Apollinaire, dont il a \u00e9t\u00e9 le camarade au coll\u00e8ge Saint-Charles de Monaco, nous en donne un portrait dans <em>Anecdotiques\u00a0<\/em>:<\/p>\n<blockquote><p>un jeune homme de haute taille, en redingote, chapeau haut de forme, une rose insigne \u00e0 la boutonni\u00e8re, et, \u00e0 l&rsquo;\u0153il droit, un monocle insolent. [&#8230;] Apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre fait conna\u00eetre, ce visiteur matinal me suivit dans mon bureau et, tandis que je grelottais car il faisait froid, il me r\u00e9cita <em>L&rsquo;Apr\u00e8s-midi d&rsquo;un faune<\/em> et quelques proses de Mallarm\u00e9\u00a0; apr\u00e8s quoi il d\u00e9clama les passages principaux d&rsquo;un roman de M. Sadia L\u00e9vy, \u00e9crivain rare et nombreux\u00a0; la d\u00e9clamation d&rsquo;un long morceau de <em>L&rsquo;Enchanteur pourrissant <\/em>me flatt\u00e2t au-del\u00e0 de toute expression, je go\u00fbtai encore telle tirade extraite d&rsquo;un ouvrage de M. Suar\u00e8s et un m\u00e9lodieux po\u00e8me de Jean Roy\u00e8re. Ces d\u00e9clamations, pendant lesquelles je ne cessai de grelotter, \u00e9taient coup\u00e9es de remarques formul\u00e9es en une langue ferme et nette que la raret\u00e9 de la plupart des mots rendait n\u00e9anmoins difficile \u00e0 comprendre. Au point que, grelottant, je n&rsquo;h\u00e9sitai point \u00e0 comparer mentalement mon visiteur \u00e0 <em>l&rsquo;\u00e9colier limousin, <\/em>et aussit\u00f4t il m&rsquo;int\u00e9ressa<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Desnos rencontre Louis de Gonzague Frick en 1917, lequel le pr\u00e9sente \u00e0 Jean de Bonnefon, au service duquel il travaille comme secr\u00e9taire en 1919-1920, jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9part pour le service militaire. Journaliste au <em>Gaulois<\/em>, directeur du journal satirique monarchiste <em>Triboulet<\/em>, de la revue <em>L&rsquo;Art et l&rsquo;autel, revue mensuelle de la beaut\u00e9 chr\u00e9tienne<\/em>, Jean de Bonnefon (1866 &#8211; 1928) est l&rsquo;auteur de nombreux articles critiques, volontiers pol\u00e9miques, en particulier sur la politique religieuse et le clerg\u00e9. \u00ab\u00a0Catholique anticl\u00e9rical\u00a0\u00bb, comme il se nomme lui-m\u00eame, il prend notamment part \u00e0 la r\u00e9daction de la loi de s\u00e9paration des \u00c9glises et de l&rsquo;\u00c9tat de 1905. Vivant entre Paris, Nice et Le Calvinet (village du Cantal dont il est le maire), voyageant beaucoup \u00e0 Vienne et au Vatican, celui qu&rsquo;Apollinaire et Andr\u00e9 Salmon surnomment \u00ab\u00a0l&rsquo;hippopotame<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>\u00a0\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 sa corpulence, aime s&rsquo;entourer de secr\u00e9taires qui passent pour ses mignons<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Il poss\u00e8de sa propre soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9dition dont les bureaux parisiens sont install\u00e9s au 32 rue de Vaugirard et dont le rez-de-chauss\u00e9e, rempli de livres rares et anciens, fascine le jeune Desnos, comme avait pu le faire avant cela la biblioth\u00e8que de Poinsot<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. De ce personnage original et plein de contradictions, Desnos dresse un portrait truculent dans <em>Le Merle<\/em>,<em>\u00a0<\/em>lors de sa mort en 1928\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>C&rsquo;\u00e9tait un personnage hoffmannesque, tout au moins physiquement, avec son adiposit\u00e9 extraordinaire, son \u00e9norme ventre accus\u00e9 par des gilets voyants, ses cravates chamarr\u00e9es, son monocle incrust\u00e9 dans sa grasse figure aux traits arrondis, bourboniens, que des coques de cheveux blancs encadraient \u00e0 l&rsquo;ancienne, ses doigts boudin\u00e9s en bagues bizarres, ses ports de t\u00eate altiers et sa voix melliflue. Il avait la parole facile, insinuante, fleurie, maniant avec la m\u00eame dext\u00e9rit\u00e9 la m\u00e9disance \u00e9l\u00e9gante, l&rsquo;anecdote brillante et le d\u00e9licat persiflage<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Entre le dandy Gonzague Frick fr\u00e9quentant le tout Paris avant-gardiste et le plus conservateur Bonnefon, Desnos se trouve donc, \u00e0 ses d\u00e9buts, sous une double tutelle morale. De sa rencontre avec ces deux personnages originaux t\u00e9moignent essentiellement ses correspondances aujourd&rsquo;hui conserv\u00e9es \u00e0 la Biblioth\u00e8que litt\u00e9raire Jacques Doucet.<\/p>\n<p>Au sein du fonds Desnos<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a> restent 63 lettres et cartes envoy\u00e9es par Louis de Gonzague Frick, auxquelles s&rsquo;ajoutent des coupures de presses et des cartons adress\u00e9s \u00e0 Robert, au couple ou \u00e0 Youki seule apr\u00e8s la mort du po\u00e8te. Les documents, envoy\u00e9s pour la plupart de Paris (rue Notre-Dame-de-Lorette, puis rue de Lunain), ne sont pas toujours dat\u00e9s. Louis de Gonzague Frick y laisse voir une \u00e9criture fine, souvent trac\u00e9e sur des papiers portant ent\u00eate des journaux dans lesquels il publie\u00a0: <em>Don Quichotte<\/em>, <em>La Nouvelle \u00e9galit\u00e9<\/em>, <em>La D\u00e9mocratie nouvelle, Comoedia, La Nouvelle revue critique, <\/em>mais aussi<em> L&rsquo;Irrintzina<\/em>, <em>Paris-Soir <\/em>ou<em> Marianne<\/em>. Le dandy s&rsquo;y exprime dans une langue \u00e9minemment symboliste, tr\u00e8s recherch\u00e9e et riche d&rsquo;adjectifs savants. Seules cinq lettres sign\u00e9es de Robert Desnos<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, datant des ann\u00e9es 1919-1923 et envoy\u00e9es de Paris, puis de Chaumont, alors qu&rsquo;il y effectue son service militaire, viennent compl\u00e9ter cet ensemble. Enfin, pour circonscrire la nature des \u00e9changes entre ces deux hommes, il convient de mentionner les 15 cartes et lettres envoy\u00e9es par Desnos \u00e0 Frick conserv\u00e9es au Harry Ransom Center<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> (Austin, Texas) et publi\u00e9es par Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p>La correspondance avec Jean de Bonnefon, quant \u00e0 elle, recouvre 98 lettres, cartes postales et pneumatiques, accompagn\u00e9s de quelques documents (des coupures de presses, des articles de Jean de Bonnefon). La plupart du temps non dat\u00e9es, ces lettres sont envoy\u00e9es par Bonnefon du Calvinet, de Vienne, ou encore de Nice \u00e0 Desnos qui, lui, se trouve \u00e0 Paris, \u00e0 Chaumont ou encore au Maroc pendant son service militaire. Fait remarquable, on peut, sur certaines lettres, lire les deux \u00e9critures de Jean de Bonnefon et de Robert Desnos car il arrive que Bonnefon r\u00e9ponde en renvoyant la lettre de Desnos annot\u00e9e, comme un ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9cole pourrait laisser des commentaires dans les marges d&rsquo;une copie d&rsquo;\u00e9l\u00e8ve.<\/p>\n<p>Aupr\u00e8s de Desnos qui, apr\u00e8s le certificat d&rsquo;\u00e9tudes, a fr\u00e9quent\u00e9 quelques temps l&rsquo;\u00e9cole Turgot pour effectuer des \u00e9tudes commerciales, Gonzague Frick et Bonnefon\u00a0jouent incontestablement le r\u00f4le de formateurs et de conseillers litt\u00e9raires. Chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, ils initient le jeune Robert \u00e0 l&rsquo;art, la litt\u00e9rature, mais aussi aux bonnes mani\u00e8res\u00a0; ils l&rsquo;introduisent dans le milieu litt\u00e9raire et soutiennent ses premi\u00e8res publications. C&rsquo;est ainsi un triple apprentissage qui se laissent lire dans ces correspondances\u00a0: social, culturel et d&rsquo;\u00e9criture.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0Robert de la lune\u00a0\u00bb secr\u00e9taire de Bonnefon ou l&rsquo;apprentissage des bonnes mani\u00e8res<\/h3>\n<p>Desnos est embauch\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 19 ans comme secr\u00e9taire par Jean de Bonnefon, en 1919, apr\u00e8s avoir d\u00e9missionn\u00e9 de la maison Darasse, producteur de produits pharmaceutiques pour laquelle il \u00e9tait traducteur et r\u00e9dacteur des campagnes de publicit\u00e9<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. \u00c0 Paris, Jean de Bonnefon vit rue de Seine\u00a0dans un appartement dont la description par Desnos en 1928 rend encore tout l&rsquo;\u00e9tonnement qui avait d\u00fb \u00eatre celui de ce jeune po\u00e8te\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Les vastes pi\u00e8ces, orn\u00e9es de tentures rares, \u00e9taient pleines de pr\u00e9cieuses vieilleries, d&rsquo;objets d&rsquo;art religieux, chasubles brod\u00e9es, parchemins enrichis de pourpre et d&rsquo;or, ciboires de cuivre repouss\u00e9, missels anciens&#8230; Tous ses invit\u00e9s \u00e9taient masculins. Jeunes \u00e9crivains, po\u00e8tes, journalistes, musiciens. Jean de Bonnefon se mouvait \u00e0 l&rsquo;aise parmi ces \u00e9ph\u00e8bes. Pourtant il avait au moins une femme dans sa vie, Caecilia Vellini<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>En tant que secr\u00e9taire, Desnos travaille souvent en l&rsquo;absence de celui qu&rsquo;il appelle toujours son \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb, retenu au Calvinet ou \u00e0 Nice. Il est charg\u00e9 d&rsquo;acheter et d&rsquo;envoyer des journaux (<em>Le<\/em> <em>Figaro <\/em>et<em> L&rsquo;Intransigeant, <\/em>certainement introuvables au Calvinet) \u00e0 son employeur, de transmettre le courrier, de pr\u00e9parer un service de presse, des \u00e9tiquettes, ou encore de lui envoyer des livres.<\/p>\n<blockquote>Mon cher Robert,<br \/>\nVous voudrez bien chaque semaine en payant Maria m&rsquo;envoyer <em>la copie<\/em> des articles de son livre.<br \/>\nAvant les libraires, il faut faire le <em>service de presse<\/em>.<br \/>\nJe vous ai rendu la liste que vous aviez copi\u00e9e en envoy\u00e9e \u00e0 M. Max-Beyrs lequel l&rsquo;a <em>renvoy\u00e9e<\/em>, en y ajoutant un nom\u00a0: celui de M. de Moro-Giafferi sans adresse mais elle est sur le tout Paris.<br \/>\nFaites <em>toute affaire cessante<\/em> autant de paquets qu&rsquo;il y a de noms sur cette liste (\u00e0 moins que vous n&rsquo;ayez perdu la liste). <em>Faites vite<\/em>. Je vous enverrai samedi des \u00e9tiquettes et lundi vous ferez sur chaque \u00e9tiquette une adresse de service de presse. \u00c9crivez-moi si vous avez <em>oui<\/em> ou <em>non<\/em> perdu la liste.<br \/>\nCela doit <em>tout<\/em> suspendre, m\u00eame mon travail.<br \/>\nTenez-moi au courant,<br \/>\nVotre ami,<br \/>\nJ de B<br \/>\nJe vous envoie 100 fr par le prochain courrier<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>.<\/blockquote>\n<p>Lorsque Bonnefon est loin de Paris, Desnos accueille les visiteurs et re\u00e7oit en particulier les visites de dames du monde. Cela donne lieu \u00e0 quelques sc\u00e8nes cocasses, qui r\u00e9v\u00e8lent d\u00e9j\u00e0 les dons de Desnos pour les endormissements spontan\u00e9s, comme il le raconte plus tard dans un article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Le secr\u00e9taire endormi\u00a0\u00bb :<\/p>\n<blockquote><p>Un jour survint une dame portant l&rsquo;un des plus grands noms de la noblesse italienne. Elle frappa, refrappa, pas de r\u00e9ponse. Elle entra&#8230; Appela, pas de r\u00e9ponse&#8230; enfin dans le salon, elle trouva le secr\u00e9taire endormi sur le divan. Discr\u00e8tement, sans l&rsquo;\u00e9veiller, elle \u00e9pingla sa carte de visite au veston du jeune homme et s&rsquo;en fut. [&#8230;] On juge la surprise du secr\u00e9taire, \u00e0 son r\u00e9veil, apr\u00e8s une sieste r\u00e9paratrice, ces dames du monde ont toutes les d\u00e9licatesses<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans ses lettres, Jean de Bonnefon laisse souvent percevoir son agacement envers son secr\u00e9taire par des formules peu am\u00e8nes qui laissent \u00e0 penser que le jeune Robert n&rsquo;est pas aussi rigoureux et impliqu\u00e9 que le souhaiterait son employeur\u00a0: \u00ab\u00a0Vous avez le cerveau en bulle de savon<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>\u00a0!\u00a0\u00bb, lui \u00e9crit-il, exc\u00e9d\u00e9.\u00a0Sous la plume du journaliste,\u00a0se dessine le portrait d&rsquo;un jeune po\u00e8te oublieux et dilettante : \u00ab\u00a0Travaillez-vous un peu ou r\u00eavez-vous le jour \u00e0 vos actions nocturnes<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0Quel travail allez-vous donc faire pour vous ce mois-ci\u00a0? Rien sans doute, paresseux<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>\u00a0!\u00a0\u00bb. Passablement insouciant, le jeune Desnos appara\u00eet, dans les mots de son \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb Bonnefon, loin des pr\u00e9occupations mat\u00e9rielles\u00a0: \u00ab\u00a0Soyez litt\u00e9raire mais sur terre, pas dans la lune<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0\u00cates-vous capable, \u00f4 Robert de la lune, de descendre sur terre pour aller mercredi matin au Louvre<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est, pour le jeune Robert, d&rsquo;abord un travail alimentaire, qui l&rsquo;occupe l&rsquo;apr\u00e8s-midi mais doit lui laisser ses matin\u00e9es et ses soir\u00e9es pour \u00e9crire et voir ses amis&#8230; sauf quand les urgences le retiennent, ainsi qu&rsquo;il le d\u00e9plore, non sans humour, aupr\u00e8s de Louis de Gonzague Frick\u00a0:<\/p>\n<blockquote>Paris ce jeudi<br \/>\nTrois fois h\u00e9las<br \/>\nCher monsieur,<br \/>\nLe pain quotidien en la volumineuse personne de Jean de Bonnefon me retient imp\u00e9rieusement tous les jours de semaine et m\u00eame ces jours le matin par suite d&rsquo;un accident.<br \/>\n\u00c0 mon d\u00e9sespoir je ne pourrai donc vous voir demain<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/blockquote>\n<p>Ces mois pass\u00e9s au service de Jean de Bonnefon sont \u00e9galement, pour le jeune \u00e9crivain, l&rsquo;occasion d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 sa biblioth\u00e8que, dont on lui demande de faire l&rsquo;inventaire \u00ab\u00a0avec suite et intelligence\u00a0\u00bb en \u00e9tant \u00ab\u00a0sage et laborieux<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>\u00a0\u00bb. Le journaliste du <em>Gaulois<\/em> l&rsquo;envoie encore \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale, faire des recherches bibliographiques pour ses articles sur les questions religieuses ou vaticanes dont il s&rsquo;est fait une sp\u00e9cialit\u00e9 de pol\u00e9miste.<\/p>\n<blockquote>Mon cher Robert,<br \/>\nComme je vous l&rsquo;ai dit, il faut travailler s\u00e9rieusement ce dernier mois \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale je vous prie de revenir au catalogue par <em>titre<\/em> o\u00f9 vous avez cherch\u00e9. Relevez d&rsquo;urgence aux mots \u00ab\u00a0Vatican\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pape\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0papaut\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ambassade\u00a0\u00bb les ouvrages de 1902 \u00e0 1920 qui peuvent avoir trait aux relations diplomatiques entre la France et le Saint Si\u00e8ge\u00a0: \u00e9crivez les <em>titres<\/em> et <em>noms<\/em> d&rsquo;auteurs\u00a0; \u00e9crivez-moi cette petite liste et je verrai quels livres vous devrez lire. Je veux cette liste (qui demande 1 heure) d&rsquo;urgence. J&rsquo;esp\u00e8re que vous avez commenc\u00e9 par les livres d\u00e9j\u00e0 not\u00e9s.<br \/>\nVotre ami,<br \/>\nJ de B<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>.<\/blockquote>\n<p>Une autre fois, ce sont des notes sur un livre de Bruneti\u00e8re, <em>Questions actuelles<\/em><a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>, que son ma\u00eetre lui commande depuis Le Calvinet.<\/p>\n<blockquote><p>Prenez des notes s\u00e9rieuses et utiles dans ce livre surtout qu&rsquo;il y a des d\u00e9tails historiques. \u00c9crivez moi le nom de l&rsquo;\u00e9diteur du livre de Bruneti\u00e8re et la date n\u00b0 8 Z 16941.<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Si les \u0153uvres qu&rsquo;on lui demande de fr\u00e9quenter pour ces recherches paraissent bien \u00e9loign\u00e9es des sujets de pr\u00e9dilection de son \u0153uvre po\u00e9tique et des auteurs qui l&rsquo;inspirent, nul doute que Desnos trouve dans cet acc\u00e8s aux biblioth\u00e8ques l&rsquo;ouverture au monde litt\u00e9raire et le chemin d&rsquo;une initiation culturelle qui participent \u00e0 sa formation de po\u00e8te.<\/p>\n<p>L&rsquo;initiation \u00e0 la lecture se double d&rsquo;un apprentissage de l&rsquo;\u00e9criture. Le jeune Robert, qui n&rsquo;a fait que de courtes \u00e9tudes et a quitt\u00e9 le foyer de ses parents pour vivre sa vie d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans, trouve en Jean de Bonnefon un ma\u00eetre de bonnes mani\u00e8res et du savoir-\u00e9crire. Ce dernier reprend Desnos sur son expression et lui enseigne les formules de politesse\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Votre lettre est tr\u00e8s bien mais, \u00e0 votre \u00e2ge, il faut toujours mettre, sauf \u00e0 ceux de votre \u00e2ge, sentiments respectueux ou d\u00e9f\u00e9rents<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Alors que Desnos avait sign\u00e9 \u00ab\u00a0Votre sinc\u00e8re\u00a0\u00bb, son ain\u00e9 le corrige\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Ayez la gentillesse de terminer simplement et toujours vos lettres aux vieux dont je suis par ce mot Respectueusement. Cela suffit comme formule habituelle. Moi je termine\u00a0: Affectueusement \/ affection<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>C&rsquo;est donc un apprentissage des codes, des mani\u00e8res de se comporter qui s&rsquo;op\u00e8re dans ces \u00e9changes, fa\u00e7onne qui peu \u00e0 peu le jeune homme inexp\u00e9riment\u00e9 et aiguise son go\u00fbt et sa culture.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>L&rsquo; initiation artistique d&rsquo;un \u00ab\u00a0\u00e9l\u00e8ve en Apollon\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>L&rsquo;apprentissage se veut aussi litt\u00e9raire et culturel. Si nous n&rsquo;avons pas les lettres de Desnos, on peut d\u00e9duire des r\u00e9ponses de \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb Bonnefon que l&rsquo;apprenti po\u00e8te lui fait part de ses d\u00e9couvertes artistiques et lui partage ses impressions. C&rsquo;est ainsi au miroir des r\u00e9actions du vieux Bonnefon que s&rsquo;affirment le jugement et les go\u00fbts du jeune Robert. On y parle peinture, \u00e9changeant sur le moderne Toulouse Lautrec<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a> mais aussi sur le ma\u00eetre de la Renaissance L\u00e9onard de Vinci, que Bonnefon conseille d&rsquo;aller voir plusieurs fois au Louvre.<\/p>\n<blockquote><p>Le tableau de L\u00e9onardo peut \u00eatre vu tous les jours et sous tous les jours. Allez voir le saint Jean un matin \u00e0 l&rsquo;ouverture du mus\u00e9e et allez-y un soir d&rsquo;hiver qq minutes avant la fermeture. A ces deux visions il y a complication de jouissance assez douloureuse. Vous ne conna\u00eetrez L\u00e9onardo qu&rsquo;apr\u00e8s un voyage en Italie<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Desnos s&rsquo;initie \u00e9galement \u00e0 la musique, go\u00fbtant apparemment peu l&rsquo;art de Massenet, Borodine ou Gounod ou de leurs interpr\u00e9tations.<\/p>\n<blockquote><p>Votre impressions des Tuileries n&rsquo;a rien de bizarre. Elle est juste devant l&rsquo;immonde Massenet. Elle est juste devant Borodine. Mais je comprends que l&rsquo;orchestre a mal jou\u00e9 \u00ab Dans les Steppes \u00bb. Les musiciens fran\u00e7ais ne comprennent rien \u00e0 Borodine ; ils ne le jouent pas, ils l&rsquo;ex\u00e9cutent comme du Saint-Sa\u00ebns. Leur moindre d\u00e9faut est d&rsquo;aller trop vite. On n&rsquo;applaudit jamais des mains. Il faut applaudir des yeux, pour le plaisir des oreilles<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous avez raison pour Gounod qui fut le mauvais Robert-Houdin de la musique et l&rsquo;affreux plagiaire de tout le pass\u00e9<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Enfin, on devine la lecture de Balzac sur lequel Bonnefon semble le reprendre en insistant sur la force d&rsquo;invention de l&rsquo;\u00e9crivain r\u00e9aliste\u00a0: \u00ab\u00a0Balzac est un grand <em>cr\u00e9ateur<\/em> qui a cr\u00e9\u00e9 (non peint) une \u00e9poque. Les personnages de Balzac ont v\u00e9cu <em>apr\u00e8s<\/em> et <em>d&rsquo;apr\u00e8s<\/em> ses romans<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>.\u00a0\u00bb Dans la biblioth\u00e8que de Bonnefon, et gr\u00e2ce \u00e0 la carte de lecteur de la Biblioth\u00e8que Nationale qu&rsquo;il lui permet encore d&rsquo;obtenir en 1923, alors qu&rsquo;il n&rsquo;est plus son secr\u00e9taire, Desnos conna\u00eet ses premiers \u00e9mois litt\u00e9raires\u00a0: il se passionne pour Laclos ou encore pour Verlaine dont il recopie deux volumes<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9criture, Bonnefon et Gonzague Frick sont ainsi deux correspondants qui comptent parmi les premiers lecteurs, appel\u00e9s \u00e0 se faire critiques par les v\u0153ux m\u00eames du po\u00e8te et \u00e0 lui donner des conseils d&rsquo;\u00e9criture. Une \u00ab\u00a0\u00e9p\u00eetre supplicative\u00a0\u00bb envoy\u00e9e \u00e0 Frick en juillet 1919, est ainsi accompagn\u00e9e d&rsquo;un mot du po\u00e8te\u00a0:<\/p>\n<blockquote>Cher Monsieur,<br \/>\nVoici un mets bien indigeste, je compte sur votre franchise. Je perds tout sens critique quand il s&rsquo;agit de moi.<br \/>\nCela a plu \u00e0 quelques personnes et d\u00e9plu \u00e0 beaucoup.<br \/>\nFaites-moi donc la faveur d&rsquo;\u00eatre s\u00e9v\u00e8re. Cela me sera la meilleure louange. On ne critique que ce qui en vaut la peine<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a>.<\/blockquote>\n<p>Si Desnos s&rsquo;adresse toujours \u00e0 Bonnefon par des formules pleines de d\u00e9f\u00e9rence\u00a0(\u00ab\u00a0Mon cher Ma\u00eetre\u00a0\u00bb) et sur un ton tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9rencieux, de ma\u00eetre \u00e0 employ\u00e9, ses relations avec Louis de Gonzague Frick se situent sur un autre registre. Le po\u00e8te symboliste joue plut\u00f4t les pygmalions avec son jeune admirateur. L&rsquo;\u00ab\u00a0\u00e9pitre supplicative\u00a0\u00bb en vers de 1919, \u00e9crite dans un style bien diff\u00e9rent de celui qu&rsquo;on lui conna\u00eet aujourd&rsquo;hui, reprend, dans un jeu d&rsquo;imitation et de connivence, certains tours des po\u00e8mes de Gonzague Frick.<\/p>\n<blockquote>Dimanche au soir bien le voul\u00fbtes<br \/>\nOh Sire courtois et discret<br \/>\nAdorner de votre beau paraphe \u00e0 volutes<br \/>\nVos livres que j&rsquo;adore en secret.<br \/>\nEt, depuis, il n&rsquo;est au jour minute<br \/>\nO\u00f9 je ne les contemple en souriant<br \/>\nCar mon orgueil exulte<br \/>\nDes louanges qui sont contenues dedans.<br \/>\n[&#8230;]<br \/>\nJe porte, dites-vous,<br \/>\nL&rsquo;amphore sacr\u00e9e o\u00f9 sont les dictames<br \/>\nEn moi-m\u00eame, mais, de par Saint Robert vainqueur des loups<br \/>\nJe dois la renverser au p\u00e9ril de mon \u00e2me<br \/>\nEt m&rsquo;\u00e9ventrer afin que jusqu&rsquo;\u00e0 vos genoux<br \/>\nRoule un flot amical et de senteur propices<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>.<\/blockquote>\n<p>Sans doute cette lettre accompagne-t-elle \u00ab\u00a0Le fard des Argonautes\u00a0\u00bb, long po\u00e8me narratif que Desnos republiera, en 1930, \u00e0 l&rsquo;ouverture de <em>Corps et bien<\/em>. En effet, \u00ab\u00a0l&rsquo;amphore sacr\u00e9e\u00a0\u00bb de cet \u00e9pitre n&rsquo;est autre qu&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;amphore v\u00e9ritable et sacr\u00e9e\u00a0\u00bb qui appara\u00eet dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0Hymne<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>\u00a0\u00bb de Frick, et dont quelques vers sont \u00e9galement plac\u00e9s en \u00e9pigraphe du \u00ab\u00a0fard des Argonautes<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a>\u00a0\u00bb, dans sa premi\u00e8re version de 1919\u00a0:<\/p>\n<blockquote>Voici l&rsquo;\u00e9chanson prestigieux qui garde une cadence alors m\u00eame que l&rsquo;amphore para\u00eet vide.<br \/>\nMais il porte l&rsquo;amphore v\u00e9ritable et sacr\u00e9e au dedans de lui-m\u00eame.<br \/>\nEt celle-l\u00e0 nous offre une pl\u00e9nitude comme les pampres de l&rsquo;\u00e9t\u00e9.<br \/>\nIl s&rsquo;avance d&rsquo;un pas apollinien au-devant de la toison moderne.<br \/>\nEt sa main plonge ainsi dans une peau de b\u00eate.<\/blockquote>\n<p>Se dessine un trait de connivence et de complicit\u00e9 entre les deux \u0153uvres, rapproch\u00e9es ici sous le signe de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e dont Desnos offre une r\u00e9\u00e9criture parodique dans son po\u00e8me. Cette \u00e9pigraphe d\u00e9dicatoire est certes une marque d&rsquo;estime pour le travail po\u00e9tique de Gonzague Frick, mais elle vient \u00e9galement mettre en exergue la reconnaissance d&rsquo;un jeune po\u00e8te m\u00e9connu pour cet ain\u00e9 qui saura lui apporter l&rsquo;aide n\u00e9cessaire \u00e0 la publication, comme nous le verrons plus loin. \u00ab\u00a0Je ne suis moi-m\u00eame qu&rsquo;humblement votre \u00e9l\u00e8ve en Apollon<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a>\u00a0\u00bb, \u00e9crit Desnos \u00e0 l&rsquo;auteur de <em>Girandes<\/em> quand l&rsquo;autre lui pr\u00e9dit\u00a0: \u00ab \u00e0 mon tour, je forme les v\u0153ux les plus ardents pour vous et les v\u00f4tres. 1920 verra, j&rsquo;en suis s\u00fbr, d\u00e9filer\u00a0le magnifique cort\u00e8ge de votre po\u00ebsie vers un arc qui sera celui de la pure gloire<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>.\u00a0\u00bb Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a> voient dans cette correspondance une certaine joute verbale qui confine parfois \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ration de s\u00e9duction, dans les appr\u00eats du dandisme. S&rsquo;il est bien entendu que l&rsquo;aide de Gonzague Frick sera cruciale au jeune po\u00e8te pour se faire conna\u00eetre, il n&rsquo;en demeure pas moins que l&rsquo;imitation rev\u00eat aussi pour lui une dimension d&rsquo;apprentissage, \u00e9galement mise \u00e0 profit avec d&rsquo;autres mod\u00e8les.<\/p>\n<p>Comme beaucoup, Desnos d\u00e9bute en pastichant ceux qu&rsquo;il admire. Cette inspiration figure d&rsquo;ailleurs en toutes lettres, en exergue de quelques po\u00e8mes pr\u00e9vus pour int\u00e9grer le recueil, finalement non publi\u00e9, <em>Prospectus<\/em><a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>. Outre Verlaine et Rimbaud, cit\u00e9s plus haut, trois figures tut\u00e9laires semblent dominer dans l&rsquo;esprit du jeune po\u00e8te\u00a0: Apollinaire, Tailhade et Mallarm\u00e9\u00a0; tous trois amis de Gonzague Frick. Ainsi en t\u00e9moigne le po\u00e8me \u00ab\u00a0D\u00e9dicace\u00a0\u00bb, dans <em>Prospectus<\/em> (1919),\u00a0 qui commence ainsi\u00a0:<\/p>\n<blockquote>J&rsquo;ai dit qu&rsquo;il fallait rire<br \/>\net j&rsquo;ai dit qu&rsquo;il fallait chanter\u00a0;<br \/>\nLaurent Tailhade, Apollinaire,<br \/>\nJe suis venu par les all\u00e9es&#8230;<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a><\/blockquote>\n<p>Ses deux mentors ne tardent pas \u00e0 relever cette inspiration encombrante pour inciter le jeune homme \u00e0 trouver sa mani\u00e8re propre. \u00ab\u00a0Vos vers, cher Robert, sont toujours <em>de l&rsquo;imitation<\/em>. Vous rendez des lectures avec quel m\u00e9lange<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a>\u00a0!\u00a0\u00bb, remarque de Bonnefon, quand Gonzague Frick commente\u00a0: \u00ab\u00a0Cher ami, le po\u00ebme que vous m&rsquo;avez adress\u00e9 n&rsquo;est pas sans m\u00e9rite, mais il est trop visiblement inspir\u00e9 de \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00c9migrant<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a>\u00a0\u00bb du bon Guillaume Apollinaire<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a>.\u00a0\u00bb Peut-\u00eatre est-il question, ici encore, du \u00ab\u00a0Fard des Argonautes\u00a0\u00bb, \u00e0 moins qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse de \u00ab\u00a0L&rsquo;ode \u00e0 Coco\u00a0\u00bb. Ces deux po\u00e8mes, compos\u00e9s \u00e0 cette p\u00e9riode, adoptent, comme le po\u00e8me d&rsquo;Apollinaire, la narration, le souffle \u00e9pique, l&rsquo;alexandrin et l&rsquo;usage du quatrain.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Laurent Tailhade, po\u00e8te anarchiste, sans doute tient-il une place importante dans le c\u0153ur de Desnos pour la fa\u00e7on dont il anime ses instantan\u00e9s de la vie parisienne, de la m\u00eame fa\u00e7on que les po\u00e8mes de <em>Prospectus <\/em>tentent de donner vie aux sc\u00e8nes de la vie urbaine<em>. <\/em>La libert\u00e9 de ton et la provocation amus\u00e9e dont sont charg\u00e9es ses \u0153uvres n&rsquo;ont pu que flatter le go\u00fbt de Desnos pour la caricature et les calembours. Il fait ainsi figurer en \u00e9pigraphe de \u00ab\u00a0L&rsquo;ode \u00e0 Coco\u00a0\u00bb un vers de Laurent Tailhade, tir\u00e9 de la \u00ab\u00a0Ballade pour exalter les Doyennes du Persil\u00a0\u00bb, dans les <em>Po\u00e8mes aristophanesques<\/em><a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a>. Dans une lettre \u00e0 Frick, il entend \u00ab\u00a0faire acte d&rsquo;admiration pour celui qui sut nous montrer le \u00ab\u00a0beau geste<a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\">[47]<\/a>\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb et duquel \u00ab\u00a0[il] a si longtemps assimil\u00e9 les rythmes aux rythmes de [sa] vie<a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\">[48]<\/a>.\u00a0\u00bb Si, \u00e0 la mort de Tailhade, Frick \u00e9crit \u00e0 Desnos qu&rsquo;il \u00e9tait \u00ab\u00a0l&rsquo;un de ses fils spirituels\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0[qu&rsquo;il est] s\u00fbr que le grand po\u00ebte aurait \u00e9t\u00e9 heureux de [le] conna\u00eetre<a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\">[49]<\/a>\u00a0\u00bb, au contraire, Bonnefon, lui, encourage Desnos \u00e0 se d\u00e9faire cette imitation\u00a0:<\/p>\n<blockquote>Nice, samedi<br \/>\nMieux vaut tard que jamais\u00a0! Enfin\u00a0! j&rsquo;ai vu vos essais mon cher Robert. Vous pouvez certainement r\u00e9ussir mais en travaillant beaucoup la grammaire qui est capricante chez vous et en vous d\u00e9livrant de l&rsquo;imitation de Laurent Tailhade\u00a0 qui est un immense \u00e9crivain mais inimitable. Vous manquez de go\u00fbt ou plut\u00f4t votre go\u00fbt n&rsquo;est pas form\u00e9. Tout cela s&rsquo;acquiert avec le naturel que vous avez. Votre Ballade Guitry ne vaut rien. L&rsquo;autre est infiniment meilleure. Vos adjectifs sont tous emprunt\u00e9s. Je ne dis pas cela pour vous d\u00e9courager, au contraire, vous devez continuer et vous ferez j&rsquo;en suis s\u00fbre des \u0153uvres neuves et bonnes. Nous parlerons de cela. Je vous en supplie, ne soyez pas assez na\u00eff pour compter trouver une place par la personne que vous me nommez. C&rsquo;est ridicule. Gardez cela pour vous seul. [&#8230;] Affectueusement<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\">[50]<\/a><\/blockquote>\n<p>Desnos est invit\u00e9 \u00e0 se forger sa propre langue, d\u00e9barrass\u00e9e des mani\u00e8res emprunt\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres, inutilement obscures ou complexes, et qui s\u00fbrement sont aussi \u00e0 l&rsquo;origine de son go\u00fbt pour Mallarm\u00e9. Le symboliste, \u00e9rig\u00e9 en mod\u00e8le dans les ann\u00e9es de jeunesse de Desnos, est ensuite quelque peu mis \u00e0 distance. \u00c0 Chaumont, o\u00f9 il effectue son service militaire, il \u00e9crit ainsi \u00e0 Frick, dans une lettre dat\u00e9e du 27 mars 1920, \u00ab\u00a0n&#8217;emporter qu&rsquo;un seul livre d&rsquo;une lecture tonique\u00a0: Mallarm\u00e9.\u00a0[&#8230;] gr\u00e2ce [auquel] [il a] pu surmonter les d\u00e9gouts de la carri\u00e8re<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\">[51]<\/a>.\u00a0\u00bb La po\u00e9sie de Mallarm\u00e9, planche de salut, est sujet d&rsquo;admiration pour ses jeux formels et son travail extr\u00eame du signifiant. N\u00e9anmoins, la position de Desnos \u00e9volue peu \u00e0 peu. Si, dans les articles qu&rsquo;il publie sur le sujet, il ne cesse de d\u00e9mentir le jugement d&rsquo;obscurit\u00e9 port\u00e9 sur les vers de Mallarm\u00e9, pour lui \u00ab\u00a0aussi clair que n&rsquo;importe quel autre dans un domaine o\u00f9 il s&rsquo;agit de parler aux sens et non \u00e0 l&rsquo;intelligence<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\">[52]<\/a>\u00a0\u00bb, il conc\u00e8de cependant dans sa correspondance avec Gonzague Frick un go\u00fbt plus nuanc\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;auteur de <em>Divagations<\/em> :<\/p>\n<blockquote>Paris, dimanche, [11 septembre 1923]<br \/>\nCher Ami,<br \/>\n[&#8230;] Quant au num\u00e9ro Mallarm\u00e9 laissez-moi vous f\u00e9liciter d&rsquo;une initiative \u00e0 laquelle vous n&rsquo;\u00eates certainement pas \u00e9tranger. Votre article est tr\u00e8s bien encore que je ne go\u00fbte pas autant que vous les vers de circonstances de S[t\u00e9phane]. M[allarm\u00e9]. Cela tient sans doute \u00e0 ce que vous l&rsquo;avez presque connu en approchant de ses amis et que sa personne vous est plus pr\u00e9sente qu&rsquo;\u00e0 moi<a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\">[53]<\/a>. [&#8230;]<br \/>\nRobert Desnos<\/blockquote>\n<p>On sent la prise de distance d&rsquo;un Desnos qui affirme son go\u00fbt et se laisse peut-\u00eatre moins prendre au jeu des affections et sociabilit\u00e9s<a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\">[54]<\/a>. Dans un article de 1942, intitul\u00e9 \u00ab Impasse Mallarm\u00e9&#8230; Porte Rimbaud \u00bb, il exprime plus franchement encore une fascination teint\u00e9e de r\u00e9serve envers le po\u00e8te dont il ne parvient pas \u00e0 envisager une filiation.<\/p>\n<p>Mallarm\u00e9 eut le g\u00e9nie de proposer une po\u00e9sie limpide, cristalline, et plus intellectuelle que sentimentale. Il r\u00e9ussit une \u0153uvre si claire qu&rsquo;elle fut aveuglante et parut obscure \u00e0 ceux qu&rsquo;elle \u00e9blouissait. Mais son exploit \u00e9tait-il exemplaire\u00a0? Il fallut bien admettre que non quand on vit ses \u00e9mules s&rsquo;\u00e9garer dans la mi\u00e8vrerie et des jeux de langage dont la vacuit\u00e9 et la monotonie d\u00e9sesp\u00e9raient ceux qui s&rsquo;y livr\u00e8rent<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\">[55]<\/a>.<\/p>\n<p>Plus ouverte sur le monde, moins autot\u00e9lique, la po\u00e9sie de Desnos<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0Les bons g\u00e9nies de l&rsquo;Amiti\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0: sociabilit\u00e9s et premi\u00e8res publications<\/h3>\n<p>Les lettres que Desnos \u00e9change avec Bonnefon et Gonzague Frick t\u00e9moignent de son entr\u00e9e dans le monde litt\u00e9raire et des sociabilit\u00e9s qu&rsquo;il noue. On est ainsi t\u00e9moin des commentaires que se permet Bonnefon au sujet des amiti\u00e9s et des fr\u00e9quentations de son jeune employ\u00e9. Charles-L\u00e9vy Duhamel<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\">[56]<\/a>, peintre rencontr\u00e9 dans les caf\u00e9s du quartier latin se voit ainsi d\u00e9cern\u00e9 le qualificatif d&rsquo;\u00ab\u00a0ami le plus intelligent<a href=\"#_ftn57\" name=\"_ftnref57\">[57]<\/a>\u00a0\u00bb, tandis que Vitrac est vilipend\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Que le diable garde Vitrac et le coupe en deux\u00a0: il \u00e9tait trop long<a href=\"#_ftn58\" name=\"_ftnref58\">[58]<\/a>\u00a0!\u00a0\u00bb Le classique Bonnefon, d\u00e9pass\u00e9 par les mouvements d&rsquo;avant-garde, suit de loin l&rsquo;activit\u00e9 parisienne\u00a0: \u00a0\u00ab\u00a0Le mouvement Dada\u00a0! C&rsquo;est \u00e0 6000 ans d&rsquo;ici<a href=\"#_ftn59\" name=\"_ftnref59\">[59]<\/a>\u00a0!\u00a0\u00bb Pas de tels jugements sous la plume de Louis de Gonzague Frick qui est pourtant sans conteste \u00e0 l&rsquo;origine de quelques amiti\u00e9s de Desnos, notamment avec Benjamin P\u00e9ret<a href=\"#_ftn60\" name=\"_ftnref60\">[60]<\/a>, dont Desnos lui rapporte la rencontre dans une lettre du 25 d\u00e9cembre 1919\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>J&rsquo;ai pass\u00e9 la soir\u00e9e d&rsquo;hier avec M. B[enjamin] P\u00e9ret \u00e0 qui vous aviez donn\u00e9 mon adresse. C&rsquo;est un gar\u00e7on charmant et nous sommes d\u00e9j\u00e0 2 amis. Il fait des vers qui prouvent une singuli\u00e8re assimilation de Mallarm\u00e9<a href=\"#_ftn61\" name=\"_ftnref61\">[61]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans le Montparnasse de l&rsquo;\u00e9poque, Louis de Gonzague Frick fr\u00e9quente les figures de Dada\u00a0&#8211; Picabia, Tzara &#8211; et rencontre Breton et Aragon d\u00e8s 1917. S&rsquo;il ne pr\u00e9sente pas imm\u00e9diatement tous ces acteurs de l&rsquo;avant-garde \u00e0 Desnos, laissant le jeune \u00e9crivain se faire ses propres relations, du moins pouvons-nous supposer qu&rsquo;il lui en parle et dessine pour lui une premi\u00e8re g\u00e9ographie sociale du Paris litt\u00e9raire de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p>Cette initiation se fait d&rsquo;autant plus concr\u00e8te quand les mentors de Desnos s&rsquo;attachent \u00e0 le faire conna\u00eetre et \u00e0 lui donner un coup de pouce pour se faire publier. Louis de Gonzague Frick et Jean de Bonnefon ont tous les deux une activit\u00e9 intense de publication dans les journaux. Gonzague Frick publie des articles critiques dans lesquels il promeut les \u0153uvres de ses amis, dont P\u00e9ret puis Desnos, et propose m\u00eame au jeune Robert de se \u00ab\u00a0transforme[r] &#8211; pour [lui] &#8211; en l&rsquo;<em>Argus de la Presse<\/em><a href=\"#_ftn62\" name=\"_ftnref62\">[62]<\/a>.\u00a0\u00bb D\u00e8s 1919, il encourage Desnos \u00e0 collaborer \u00e0 la revue <em>Lutetia<\/em> de Fernand Demeure en lui \u00e9crivant\u00a0: \u00ab\u00a0Je me flatte que vous brillerez l\u00e0 d&rsquo;un \u00e9clat plus vif encore parce que vous sentirez autour de vous les \u00ab\u00a0bons g\u00e9nies de l&rsquo;Amiti\u00e9<a href=\"#_ftn63\" name=\"_ftnref63\">[63]<\/a>\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb\u00a0; mais cet essai fera long feu. Si Desnos a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 en 1918 quelques po\u00e8mes, plus tard rassembl\u00e9s dans <em>Prospectus<\/em>, gr\u00e2ce \u00e0 son ami Roland Gagey dans <em>La Tribune des Jeunes<\/em><a href=\"#_ftn64\" name=\"_ftnref64\">[64]<\/a><em>, <\/em>c&rsquo;est Louis de Gonzague Frick qui l&rsquo;aide \u00e0 publier ses premiers po\u00e8mes, notamment \u00ab\u00a0Le fard des Argonautes\u00a0\u00bb en 1919, dans des revues plus connues, et fait sa publicit\u00e9 aupr\u00e8s de ses cercles\u00a0: Andr\u00e9 Geiger, Andr\u00e9 Malraux et Ren\u00e9-Louis Doyon.<\/p>\n<blockquote>[1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1919]<br \/>\nMon cher po\u00ebte,<br \/>\nAvant de vous remercier de votre po\u00ebme j&rsquo;ai tenu \u00e0 le montrer \u00e0 des amis. Et je suis heureux de vous f\u00e9liciter collectivement pour cette superbe composition d&rsquo;un si beau mouvement lyrique. S&rsquo;il y a l\u00e0 des influences, elles n&rsquo;attestent rien de moins que votre profonde compr\u00e9hension de la vraie po\u00ebsie.<br \/>\nIl faut que vous publiez votre po\u00ebme dans une belle revue.<br \/>\nVenez prendre le caf\u00e9 chez moi tel jour de votre choix \u00e0 1h \u00bd et nous essaierons.<br \/>\nSachez moi votre admirateur affectionn\u00e9.<br \/>\nLouis de Gonzague Frick<a href=\"#_ftn65\" name=\"_ftnref65\">[65]<\/a><\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s une tentative de publication dans la revue de Marcel Raval <em>Les Feuilles libres <\/em>puis dans celle d&rsquo;Andr\u00e9 Salmon <em>La Rose rouge <\/em>en d\u00e9cembre 1919<a href=\"#_ftn66\" name=\"_ftnref66\">[66]<\/a>, c&rsquo;est finalement dans <em>Le Trait d&rsquo;Union<\/em>, en avril 1920, avec une d\u00e9dicace \u00e0 Louis de Gonzague Frick, qu&rsquo;est publi\u00e9 \u00ab\u00a0Le Fard\u00a0des Argonautes\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn67\" name=\"_ftnref67\">[67]<\/a>. Dans <em>La D\u00e9mocratie Nouvelle<\/em>, en mars 1921, Gaston Picard \u00e9crit un article dans lequel il fait l&rsquo;\u00e9loge du po\u00e8me et d&rsquo;autres, comme Gui Rosey lui t\u00e9moignent \u00ab\u00a0[sa] disposition absolue pour caser [ses] \u00e9crits.\u00a0\u00bb Pourtant, Desnos doute des soutiens et \u00e9crit \u00e0 son ami Georges Gautr\u00e9\u00a0s&rsquo;interroger sur \u00ab\u00a0ce que\u00a0cela peut valoir\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0d\u00e9duction faite de l&rsquo;amiti\u00e9, de la politesse&#8230; ou de la piti\u00e9<a href=\"#_ftn68\" name=\"_ftnref68\">[68]<\/a>. \u00bb<\/p>\n<p>Notons qu&rsquo;avec Jean de Bonnefon comme avec Louis de Gonzague Frick, Desnos sera d&rsquo;une remarquable fid\u00e9lit\u00e9, entretenant avec chacun d&rsquo;eux une correspondance suivie et sachant rendre la pareille \u00e0 ces deux mentors, une fois la notori\u00e9t\u00e9 acquise et alors que les rapports s&rsquo;inversent. Si donc on pouvait deviner les traits d&rsquo;un Desnos peu s\u00fbr de lui, n&rsquo;osant croire les \u00e9loges que pouvaient lui renvoyer ses premiers mentors, c&rsquo;est aussi le portrait d&rsquo;un Desnos plein de gratitude et de reconnaissance\u00a0 que l&rsquo;on devine en lisant les mots que lui adresse, quelques ann\u00e9es plus tard un Bonnefon vieillissant. \u00ab Mon cher Desnos, Sur les chemins de la gloire, vous avez sem\u00e9 votre vieux patron ! Et portez-moi votre \u0153uvre : je connais un de vos fid\u00e8les ! Affectueusement, J de B<a href=\"#_ftn69\" name=\"_ftnref69\">[69]<\/a> \u00bb, ironise avec tendresse Bonnefon en 1925. Quant \u00e0 Gonzague Frick, Desnos n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 lui venir en aide lorsque, malade et d\u00e9sargent\u00e9, il est intern\u00e9 par erreur \u00e0 Saint-Anne dans les ann\u00e9es 1938-1939<a href=\"#_ftn70\" name=\"_ftnref70\">[70]<\/a>. Il aide \u00e0 le faire sortir, sollicite pour lui des aides afin de subvenir \u00e0 ses besoins et essaye de l&rsquo;introduire \u00e0 <em>Paris<\/em>&#8211;<em>Soir. <\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Marie Bonnot<\/p>\n<p>Universit\u00e9 Paris Cit\u00e9 et UMR 7172 Thalim (Sorbonne Nouvelle \/ CNRS \/ ENS)<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Lettre de Robert Desnos au pr\u00e9sident du Cercle des Arts et des Lettres, 12 octobre 1938. Conserv\u00e9e \u00e0 la Biblioth\u00e8que litt\u00e9raire Jacques Doucet. Cit\u00e9 par Sarane Alexandrian, <em>Les Surr\u00e9alistes et le r\u00eave<\/em>, Gallimard, 1974, p. 49.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Po\u00e8te lui-m\u00eame, il publie quelques recueils dont <em>Girandes<\/em> (1919), <em>Le Calamiste Alyz\u00e9<\/em> (1921), <em>Vibrones<\/em> (1931), <em>Ingr\u00e8s<\/em> (1935). Alors qu&rsquo;il reste aujourd&rsquo;hui peu reconnu par les histoires litt\u00e9raires, on doit \u00e0 Sarane Alexandrian un article qui fait m\u00e9moire de sa vie et de son \u0153uvre. Sarane Alexandrian, \u00ab Un grand seigneur de la po\u00e9sie moderne, Louis de Gonzague Frick \u00bb, <em>Sup\u00e9rieur inconnu<\/em>, n\u00b0 20, janvier-mars 2001, p. 30-56.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Guillaume Apollinaire, \u00ab\u00a0M. Louis de Gonzague Frick ou le Phyllorodomancien\u00a0\u00bb, <em>Le Mercure de France<\/em>, 16 septembre 1912, repris dans <em>Anecdotiques <\/em>(1955), Gallimard, 1982, p. 83-88. L&rsquo;anecdote est reprise par Sarane Alexandrian, <em>art. cit., <\/em>p. 32.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Guillaume Apollinaire et Andr\u00e9 Salmon, dans <em>Le Marchand d&rsquo;anchois<\/em> en 1906, le d\u00e9crivent ainsi : \u00ab\u00a0L&rsquo;hippopotam&rsquo;, cr\u00e9 nom de nom, \/ Ressemblait \u00e0 Jean de Bonn&rsquo;fon\u00a0 \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Jean de Bonnefon aime s&rsquo;entourer de secr\u00e9taires qui passent pour \u00eatre ses gigolos mais Desnos rassure son ami Georges Gautr\u00e9\u00a0dans une lettre du 27 mars 1919 : \u00ab\u00a0J. de B. est vraiment tr\u00e8s aimable et tr\u00e8s curieux, je pr\u00e9vois que tu souriras \u00e0 ce passage mais d\u00e9trompe-toi : mon sommeil est solitaire et mon r\u00e9veil (m\u00eame nocturne) aussi.\u00a0\u00bb Lettre reproduite dans Katharine Conley et Marie-Claire Dumas (dir.), <em>Desnos pour l&rsquo;an 2000<\/em>,\u00a0 Gallimard, 2000, p. 373.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00ab\u00a0Les deux timides, les voil\u00e0 aussi dans l&rsquo;appartement vieillot d&rsquo;un romancier dont la biblioth\u00e8que nous \u00e9blouissait. Il s&rsquo;appelait M.C. Poinsot, il avait obtenu une voix au prix Goncourt avec un illisible bouquin baptis\u00e9 <em>La Joie des yeux. <\/em>Il \u00e9tait accoupl\u00e9 \u00e0 un crasseux laideron et il n&rsquo;avait aucun talent. Nous l&rsquo;admirions beaucoup.\u00a0\u00bb Henri Jeanson, \u00ab\u00a0Desnos 1918\u00a0\u00bb, <em>Simoun<\/em>, n\u00b0 22-23, Alger, 1956, repris par Marie-Claire Dumas dans son \u00e9dition des <em>\u0152uvres<\/em> de Desnos, Gallimard, coll. \u00ab\u00a0Quarto\u00a0\u00bb, p. 32-33.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Robert Desnos, \u00ab\u00a0Jean de Bonnefon\u00a0\u00bb, <em>Le Merle<\/em>, 7 avril 1928.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Les lettres envoy\u00e9es par Louis Gonzague Frick \u00e0 Desnos sont conserv\u00e9es \u00e0 la Biblioth\u00e8que Litt\u00e9raire Jacques Doucet. Cotes\u00a0: DSN C 1350 &#8211; DSN C 1363\u00a0; DSN C 1298 &#8211; DSN C 1312 ; DSN C 1314 &#8211; DSN C 1349 ; DSN C 1364 &#8211; DSN C 1372 ; DSN C 2340 &#8211; DSN C 2344.<\/p>\n<p>S&rsquo;y ajoutent d\u00e9sormais des lettres de Desnos envoy\u00e9es \u00e0 Louis Gonzague Frick, dat\u00e9es du 3 au 11 septembre 1923.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Il s&rsquo;agit de lettres acquises par la Biblioth\u00e8que Litt\u00e9raire Jacques Doucet lors de la vente Ader du 3 octobre 2019. Cote\u00a0: DSN Enr C 17.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Le catalogue des archives conserv\u00e9es au Harry Ransom Center consultable en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.hrc.utexas.edu\/\">https:\/\/www.hrc.utexas.edu\/<\/a>. Dans la suite de l&rsquo;article, les archives issues de ce fonds seront indiqu\u00e9es par les lettres HRC en d\u00e9but de cote.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele,<em> Louis de Gonzague Frick dans tous ses \u00e9tats. Po\u00e8te, soldat, courri\u00e9riste, ami,<\/em> Classique-Garnier, 2017, p. 447-469.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Anne Egger, <em>Robert Desnos, <\/em>Fayard, 2007, \u00a0p.\u00a060.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Robert Desnos, \u00ab\u00a0Jean de Bonnefon\u00a0\u00bb, <em>Le Merle<\/em>, 7 avril 1928.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> DSN C 128.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Robert Desnos, \u00ab\u00a0Le secr\u00e9taire endormi\u00a0\u00bb, <em>Le Merle<\/em>, 5 mai 1928.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> DSN C 128<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> DSN C 164<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> DSN C 204<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> DSN C 195<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> DSN C 172<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> HRC &#8211; s\u00e9rie 2, lettre de Desnos \u00e0 Frick, estim\u00e9e \u00e0 la mi-d\u00e9cembre 1919. Cit\u00e9e dans Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele, <em>Louis de Gonzague Frick dans tous ses \u00e9tats. Po\u00e8te, soldat, courri\u00e9riste, ami<\/em>, Classique-Garnier, 2017, p. 451.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> DSN C 129<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> DSN C 178<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Ferdinand Bruneti\u00e8re, <em>Questions <\/em>actuelles, Perrin, 1907. L&rsquo;ouvrage, num\u00e9ris\u00e9, est accessible en ligne sur Gallica\u00a0: https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k80186f<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> DSN C 206<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> DSN C 128<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> DSN C 177<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> \u00ab Ce que vous ne savez pas c&rsquo;est que Toulouse Lautrec \u00e9tait un merveilleux \u00e9crivain. Pas une ligne de lui n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 imprim\u00e9e.\u00a0\u00bb (DSN C153-154)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> DSN C 188<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> <em>Idem<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> <em>Idem<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> DSN C 212<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> \u00ab\u00a0Vos lettres deviennent tr\u00e8s int\u00e9ressantes. Votre programme des 3 jours est bien. Je comprends pas pourquoi vous avez copi\u00e9 les 2 volumes de Verlaine. Je les ai. Je vous les pr\u00eaterai. Moi, j&rsquo;aimerais moins ce que j&rsquo;aurais ainsi copi\u00e9.\u00a0\u00bb Lettre de Bonnefon \u00e0 Desnos, DSN C 188.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> Lettre de Desnos \u00e0 Frick dat\u00e9e du 22 juillet 1919, HRC S\u00e9rie 1, cit\u00e9e dans Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele, <em>Louis de Gonzague Frick dans tous ses \u00e9tats. Po\u00e8te, soldat, courri\u00e9riste, ami<\/em>, Classique-Garnier, 2017, p.\u00a0447-449.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> HRC S\u00e9rie 1, po\u00e8me de Desnos \u00e0 Frick du 21\/07\/1919. Cit\u00e9 dans Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele, <em>Louis de Gonzague Frick dans tous ses \u00e9tats. Po\u00e8te, soldat, courri\u00e9riste, ami<\/em>, Classique-Garnier, 2017, p. 447.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> Louis de Gonzague Frick, \u00ab\u00a0Hymne\u00a0\u00bb, <em>Poetica<\/em>, \u00c9ditions de l&rsquo;\u00c9pi, 1929.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> \u00ab\u00a0Le fard des Argonautes\u00a0\u00bb sera republi\u00e9 en ouverture de <em>Corps et bien<\/em>, en 1930, cette fois-ci d\u00e9barrass\u00e9 de sa d\u00e9dicace \u00e0 Louis de Gonzague Frick et de cette \u00e9pigraphe.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a> Lettre de Desnos \u00e0 Frick, d\u00e9cembre 1919, (\u00ab\u00a0Trois fois h\u00e9las&#8230;\u00a0\u00bb), HRC, Austin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a> Lettre de Frick \u00e0 Desnos, 31\/12\/1919. DSNC 1302, BLJD.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele, <em>Louis de Gonzague Frick dans tous ses \u00e9tats. Po\u00e8te, soldat, courri\u00e9riste, ami<\/em>, Classique-Garnier, 2017, p. 409.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> Voir Robert Desnos, <em>\u0152uvres<\/em>, Marie-Claire Dumas (\u00e9d.), Gallimard, coll.\u00a0\u00ab\u00a0Quarto\u00a0\u00bb, 1999, p. 13.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a> Robert Desnos, \u00ab\u00a0D\u00e9dicace\u00a0\u00bb, <em>Prospectus<\/em>, dans <em>\u0152uvres<\/em> (\u00e9d. Marie-Claire Dumas), 1999, p. 19.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a> DSN C 134<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a> Il s&rsquo;agit de \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00c9migrant de Landor Road\u00a0\u00bb<em>, Alcools<\/em> (1920), Gallimard, \u00ab\u00a0Po\u00e9sie\u00a0\u00bb, p. 85-87, 2006. D\u00e9dicac\u00e9 \u00e0 Andr\u00e9 Billy.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a> DSN C 1315, lettre de Frick \u00e0 Desnos du 26 octobre 1919. Il pourrait s&rsquo;agit de \u00ab\u00a0L&rsquo;Ode \u00e0 Coco\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a> A ce sujet, voir l&rsquo;article de Damiano De Pieri, \u00ab\u00a0Les \u00ab\u00a0lettres arborescentes\u00a0\u00bb de Robert Desnos : la gen\u00e8se de \u00ab\u00a0L&rsquo;Ode \u00e0 Coco\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0Cataracte des flots cataracte des yeux\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb, <em>Fabula \/ Les colloques<\/em>,\u00a0Robert Desnos. Regards sur les archives num\u00e9ris\u00e9es,\u00a0URL : http:\/\/www.fabula.org\/colloques\/document7588.php, page consult\u00e9e le 06 janvier 2023.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\">[47]<\/a> DSN Enr C 17, lettre de Desnos \u00e0 Frick du 3 septembre 1919.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\">[48]<\/a> HRC &#8211; s\u00e9rie 2, lettre de Desnos \u00e0 Frick, estim\u00e9e \u00e0 la mi-d\u00e9cembre 1919. Cit\u00e9e dans Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele, <em>Louis de Gonzague Frick dans tous ses \u00e9tats. Po\u00e8te, soldat, courri\u00e9riste, ami<\/em>, Classique-Garnier, 2017, p. 451.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\">[49]<\/a> DSN C 1307, lettre de Frick \u00e0 Desnos, 1919.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\">[50]<\/a> DSN C 239<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\">[51]<\/a> DSN Enr C 17-2<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\">[52]<\/a> Robert Desnos, \u00ab\u00a0L&rsquo;anniversaire de la mort de St\u00e9phane Mallarm\u00e9\u00a0\u00bb, <em>Le Soir, <\/em>10 septembre 1928, repris dans <em>Robert Desnos<\/em>, Cahiers de l&rsquo;Herne, \u00e9d. Marie-Claire Dumas, 1987, p. 238.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\">[53]<\/a> DSN Enr C 17-5. BLJD<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\">[54]<\/a> Cette prise de distance se poursuivra ensuite, jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9\u00e9valuation de la hi\u00e9rarchie \u00e9tablie dans sa jeunesse, puisque, dans un article de 1942 intitul\u00e9 \u00ab Impasse Mallarm\u00e9&#8230; Porte Rimbaud \u00bb, Desnos<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\">[55]<\/a> Robert Desnos, \u00ab Impasse Mallarm\u00e9&#8230; Porte Rimbaud \u00bb, <em>Mines de rien<\/em>, \u00e9dition \u00e9tablie et pr\u00e9sent\u00e9e par Marie-Claire Dumas, avant-propos par Alain Brieux, Cognac, Le Temps qu&rsquo;il fait, collection \u00ab Pleine Marge \u00bb, p. 154. [Premi\u00e8re publication dans la rubrique \u00ab\u00a0Chronique des temps pr\u00e9sents \u00bb, <em>Aujourd&rsquo;hui,<\/em> 5 mars 1942]<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\">[56]<\/a> DSN C 128. Il s&rsquo;agit de Charles L\u00e9vy-Duhamel, rencontr\u00e9 en 1919 dans les caf\u00e9s du quartier latin et mort de tuberculose en 1927. Il veut devenir peintre. Cf le texte de Desnos \u00ab\u00a0Dada-surr\u00e9alisme\u00a0\u00bb, command\u00e9 par Jacques Doucet 1927 dans lequel il revient sur cette bande. Repris dans <em>\u0152uvres <\/em>(\u00e9d. M-C Dumas), p. 406-407 et dans <em>Nouvelles H\u00e9brides et autres textes<\/em>, 1978.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref57\" name=\"_ftn57\">[57]<\/a> DSN C 137<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref58\" name=\"_ftn58\">[58]<\/a> DSN C 176<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref59\" name=\"_ftn59\">[59]<\/a> DSN C 182<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref60\" name=\"_ftn60\">[60]<\/a> La rencontre avec P\u00e9ret est racont\u00e9e ailleurs par Desnos dans \u00ab\u00a01919, Limbour, P\u00e9ret et moi \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le mouvement Dada commence\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a0Dada-Surr\u00e9alisme-1927\u00a0\u00bb, <em>Nouvelles H\u00e9brides et autres textes (1922-1930)<\/em>, Marie-Claire Dumas (\u00e9d.), Gallimard, coll. \u00ab\u00a0Blanche\u00a0\u00bb, 1978.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref61\" name=\"_ftn61\">[61]<\/a> HRC &#8211; S\u00e9ries 2, lettre de Desnos \u00e0 Frick du 25 d\u00e9cembre 1919. Cit\u00e9 dans Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele, <em>Louis de Gonzague Frick dans tous ses \u00e9tats. Po\u00e8te, soldat, courri\u00e9riste, ami<\/em>, Classique-Garnier, 2017, \u00a0p. 453.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref62\" name=\"_ftn62\">[62]<\/a> DSNC 1345, Lettre de Frick \u00e0 Desnos, 2 ao\u00fbt 1914. Cit\u00e9 dans Stephen Steele et Anne-Fran\u00e7oise Bourreau-Steele, <em>Louis de Gonzague Frick dans tous ses \u00e9tats. Po\u00e8te, soldat, courri\u00e9riste, ami<\/em>, Classique-Garnier, 2017, p.\u00a0460.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref63\" name=\"_ftn63\">[63]<\/a> Lettre de Frick \u00e0 Desnos du 16 septembre 1919, DSN C 1343.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref64\" name=\"_ftn64\">[64]<\/a> Quelques po\u00e8mes repris dans <em>Prospectus\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Aquarelle\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Casqu\u00e9s du heaume\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Chanson\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Au colonel Doury\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Chine\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0R\u00eaverie d&rsquo;automne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0La Victoire de Champagne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Rondeau asiatique\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Vision\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Sonnet\u00a0\u00bb. cf. Anne Egger, <em>Robert Desnos, <\/em>Fayard, 2007, p. 63.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref65\" name=\"_ftn65\">[65]<\/a> DSN C 1298<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref66\" name=\"_ftn66\">[66]<\/a> Voir Andr\u00e9 Salmon, <em>Souvenirs sans fin<\/em>, p. 730<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref67\" name=\"_ftn67\">[67]<\/a> DSN C 1310<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref68\" name=\"_ftn68\">[68]<\/a> Lettre de Desnos \u00e0 Gautr\u00e9 du 3 octobre 1921, cit\u00e9e par Anne Egger, <em>Robert Desnos, <\/em>Fayard, 2007, p. 85<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref69\" name=\"_ftn69\">[69]<\/a> DSN 230<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref70\" name=\"_ftn70\">[70]<\/a> Anne Egger, <em>Robert Desnos, <\/em>Fayard, 2007, p. 712-713.<\/p>\n\t<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\t<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/M_de_Bonnefon_Homme_de_...Atelier_Nadar_btv1b53205327k.jpeg\" target=\"_self\" itemprop=\"url\" rel=\"noopener\">\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/M_de_Bonnefon_Homme_de_...Atelier_Nadar_btv1b53205327k.jpeg\" alt=\"Bonnefon\" itemprop=\"image\" height=\"1392\" width=\"1024\" title=\"M_de_Bonnefon_Homme_de_[...]Atelier_Nadar_btv1b53205327k\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n\t\t\t\t<\/a>\n\t\tPortrait De Jean de Bonnefon\n\t<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/IMG_1023-scaled.jpg\" target=\"_self\" itemprop=\"url\" rel=\"noopener\">\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/IMG_1023-scaled.jpg\" alt=\"IMG_1023\" itemprop=\"image\" height=\"2560\" width=\"1920\" title=\"IMG_1023\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n\t\t\t\t<\/a>\n\t<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Le-fard-des-Argonautes-2.png\" target=\"_self\" itemprop=\"url\" rel=\"noopener\">\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Le-fard-des-Argonautes-2.png\" alt=\"Le fard des Argonautes 2\" itemprop=\"image\" height=\"1258\" width=\"850\" title=\"Le fard des Argonautes 2\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n\t\t\t\t<\/a>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robert et ses \u00ab\u00a0ma\u00eetres\u00a0\u00bb (Jean de Bonnefon et Louis de Gonzague Frick) Louis de Gonzague Frick Dans ce que Anne Egger nomme la \u00ab\u00a0constellation des \u00ab\u00a0ma\u00eetres\u00a0\u00bb, [ces] hommes un peu fantasques qui aiment \u00e0 s&rsquo;entourer de jeunes po\u00e8tes et les aident \u00e0 s&rsquo;ins\u00e9rer dans le monde litt\u00e9raire\u00a0\u00bb, deux hommes ont particuli\u00e8rement compt\u00e9 et gravit\u00e9 autour &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/www.archives-desnos.fr\/?p=729\"> <span class=\"screen-reader-text\">Marie Bonnot<\/span> Lire la 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